Sauter au contenu

Mission Intervention Activités Publications Partenaires Equipe
Contacts English version Plan du site

CONFERENCE-DEBAT
A L'OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX, 21 SEPTEMBRE 2006

Thème du jour : " Marchons sur un noble sentier "

ALLOCUTION

Introduction

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, le Centre International pour l'analyse de conflit et des Droits humains (ICCHRA en sigle) est une organisation non-discriminatoire, sans but lucratif et non-gouvernementale, dont la fonction consiste en premier lieu à répondre aux besoins des jeunes, enfants et femmes.

C'est un programme de recherche, apprentissage et formation qui examine, de manière critique, les politiques et actions gouvernementales ainsi que celles d'organisations internationales et acteurs indépendants, lesquelles politiques et actions qui affectent la réalisation des droits humains à travers le monde.

Dans ses démarches pour l'extension internationale de sa philosophie, ICCHRA a jugé bon de se concerter avec l'association congolaise Artistes pour l'Humanité (ArtHum en sigle) en vue de commémorer, de manière conjointe, la Journée Internationale de la Paix de l'année en cours.

Contexte global et réalités locales

L'Assemblée Générale des Nations Unies, par sa résolution 55/282 du 7 septembre 2001, avait décidé qu'à partir de cette même année (2001), la Journée Internationale de la Paix devrait être observée en tant qu'une journée de cessez-le-feu global et de non-violence. C'est en rapport avec cette réalité internationale que ICCHRA, via son point focal en République Démocratique du Congo et à travers l'association ArtHum, voudrait célébrer cette journée avec le soutien d'autres acteurs intéressés par l'initiative.

Dans la conception, il était prévu que la commémoration se déroule durant une semaine, avec des activités culturelles et artistiques en marge de la conférence-débat ayant comme thème principal " Marcher sur un noble sentier ", aussi bien à Kinshasa que dans l'Est du pays, et pour ce qui nous concerne particulièrement, il s'agit d'Uvira et de Baraka/Fizi.

Comme nous le savons bien, la République Démocratique du Congo a atteint une étape cruciale de son histoire politique, mais le regain des tensions et d'autres signes de temps, à l'origine de nouvelles craintes de déstabilisation ou d'obstacles au processus de rétablissement de paix et de démocratisation en cours dans le pays, ne peuvent qu'inquiéter bien de personnes.

Pourquoi observer de la Journée Internationale de la Paix ?

Nous, au sein du Centre International pour l'Analyse de Conflit et des Droits Humains (ICCHRA) et dans les structures partenaires engagées dans ce projet, justifions la raison d'observer la Journée Internationale des Nations Unies pour la Paix de manière suivante :

  • C'est une journée au cours de laquelle nous réaffirmons notre engagement à cet appel à la paix et la non-violence, et c'est une opportunité de revoir comment fonctionne notre système de sécurité collective et le partenariat global pour le développement ;
  • C'est une journée qui rappelle à nos esprits les souffrances de nos peuples qui ont traversé des périodes de violences et conflits armés ;
  • Cette journée est célébrée à travers le monde comme une _expression de solidarité avec le peuple à travers des nations entières en quête de paix ;
  • Nous avons un désir de résoudre les disputes par des moyens pacifiques et un espoir de protéger les futures générations d'autres affres de guerre et donner aux enfants un meilleur et brillant lendemain, celui qui apportera une liberté qui ne sera pas obscurci par la violence ;
  • Cela demande la compréhension mutuelle, la patience, la tolérance, et le respect de divergence d'opinions, afin de construire une société qui est vraiment engagée pour la compréhension mutuelle et les idéaux démocratiques sans lesquels la paix ne serait qu'illusoire et éphémère.

Nécessité du réalisme pour rétablir et préserver la paix

Comme illustration, certaines expressions utilisées pour identifier les causes du conflit, les procédures pour les traiter et les attentes liées aux actions à mener peuvent déjà fausser les démarches en vue de rétablir et préserver la paix.

Concernant les causes du conflit dans le Sud-Kivu, il est dit que cela a comme origine le clivage historique et politique.

  • Qu'en est-il alors de la méconnaissance des préoccupations patriotiques ?
  • Que dira-t-on de pauvres prédispositions d'intégration communautaire ?
  • Que nous inspire les perceptions de supériorité tribale/ethnique des uns par rapport aux autres ?
  • Est-ce que les trois points ci haut repris font partie intégrante de ce fameux clivage historique et politique ?

Nous pensons que les intervenants dans le domaines de pacification feraient mieux d'être explicites quant à l'identification des raisons concrètes, et non vagues, de ce qu'ils pensent être à l'origine des maux qui ont longtemps accablé nos communautés.

En rapport avec la procédure pour traiter le conflit, il y a souvent dichotomie entre les actions envisagées et des principes pré-établis. Prenant l'exemple du principe de " neutralité " placé en avant-garde par la plupart d'activistes en traitement de conflit, nous pesons qu'aucune action ne peut être menée, pour faire face à une situation conflictuelle, sans que l'on ne soit en mesure de prendre position face au problème. Or la neutralité peut être aussi perçue comme une attitude d'indifférence, de désintéressement, de " sans positions ", de " sans action ", etc. Les activistes devraient alors privilégier le terme " impartialité " dans sa compréhension explicite qui inclue le vocable " équité ", s'agissant surtout du fait de porter des jugements ou d'allouer (partager) des ressources.

Au sujet des attentes, la transformation de conflit est un processus et la paix attendue et d'autres bienfaits n'arrivent jamais par coup de baguette magique. Il est nécessaire qu'il y ait une progression logique dans les réalisations ainsi qu'une volonté de non-régression auprès des acteurs politiques, diplomatiques et bien d'autres, de même qu'au sein des communautés concernées.

L'importance de la prévention

Il existe une opinion qui soutient que " les conflits sont possibles dans toutes les sociétés du monde, ce qui importe c'est de savoir comment y mettre un terme. "

Un mot et une _expression se dégagent de cette citation et reflètent quelque chose de pas vraiment réaliste. De notre point de vue, nous dirions que " les conflits sont, dans leur généralité, inévitables ". En plus, tout conflit n'est pas " résoluble ". Certaines situations exigent des stratégies alternatives et inter complémentaires qui ne débouchent pas nécessairement à la réponse aux revendications ou aux attentes exprimées.

Lesdites stratégies peuvent rétablir l'équilibre à partir de mécanismes antérieurement ignorés ou non rationnellement utilisés au départ. Faire usage de ces stratégies de manière optimale n'est rien d'autre que ce que l'on appelle " transformation de conflit ". Voilà pourquoi il est mieux de ne pas toujours courir en " sapeur pompier " derrière des événements déstabilisatrices, avec un espoir ardent de mettre un terme au conflit y relatif.

L'exploitation des voies et moyens diversifiés, qui valorisent le traitement de conflit par la prévention ainsi que d'autres interventions d'accompagnement à la dynamique, doit embrasser des domaines connexes tels que (par exemple) :

  • La réhabilitation du pouvoir coutumier et de l'Etat ;
  • La justice corrective ;
  • La justice ré éducative ;
  • La justice restauratrice…

Ces domaines et spécialités sont par ce fait des outils de prévention de conflit et d'accompagnement du processus de paix , et leur non application s'interpose en obstacle devant et autour des personnes engagées dans les initiatives de paix. L'opinion devrait donc comprendre que le chemin vers la paix est un sentier plein d'embûches. C'est tout " un parcours du combattant " dont le bout est heureusement couronné du bien-être commun et de la sauvegarde de l'Humanité.

Quelqu'un a dit :
" Les capacité d'un Homme se mesurent devant les obstacles ! "

Et le Roumain Saluste a ajouté :
" Des œuvres produites, tout peut s'éteindre, sauf les mérites qui brillent d'un éclat immortel !

Quoi qu'il en soit, poursuivre les initiatives de paix est donc un métier noble qui mérite d'être soutenu.

Message d'encouragement

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, vous tous qui vous êtes consacrés pour la cause de la paix à travers vos diverses activités, prenez donc courage et sachez que vos actions sont vivantes, et elles le resteront même après votre passage sur cette terre des mortels.

Que vive la Journée Internationale de la Paix !

Merci pour votre attention.

  • Dieudonné AMISI MUTAMBALA
  • Chercheur en Education,
  • Droits humains et Transformation de conflit

Retour à la page d'accueil


Le bureau de la Direction d'ArtHum à Uvira est dans un processus de déménagement. Nous afficherons la nouvelle adresse dès que nous aurions fini ce processus. Merci pour votre patience.