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RAPPORT D'ACTIVITES SUR LA 1ière ETAPE DES TRAVAUX DE BUSTANI YA MABADILIKO

Recherche-Action-Formation

GROUPE DE RECHERCHE "FORUM POUR L' HUMANITE"

(ForHum - Network)

LOCALISATION:

Sud Kivu, Territoire de Fizi-Itombwe et d'Uvira, République Démocratique du Congo

Période: septembre - décembre 2003


INTRODUCTION

Forum pour l'Humanité (ForHum - Network) est un cadre mis en place le 03 mars 2003, regroupant l'association Artistes pour l'Humanité (ArtHum, en sigle) et 17 autres associations oeuvrant dans l'extrême sud de la province du Sud Kivu. Vu les activités qu' ArtHum avait déjà réalisées et ses perspectives à venir, ces autres associations ont au départ été intéressés et ont par la suite exprimé par des correspondances administratives leurs vœux de collaborer. La fiche de présentation d'ArtHum aidant, ces associations ont échangé des informations concernant les activités des unes et des autres et se sont mis d'accord pour adhérer à une mission commune inspirée de l'initiative amorcée au sein d'ArtHum. De là, quelques petites facilités ont été mises à la disposition de l'ensemble par ArtHum pour la poursuite de l'idée à travers le réseau ForHum dont qui venait de naître. Pour ce faire, les associations invitées ont adopté à l'unanimité de poursuivre la mission suivante:

  • Mise en place des mécanises d'éducation pour la paix destinés à la jeunesse
  • Soutien aux structures locales afin qu'elles mettent en place des projets inter-communautaires prenant en compte le rôle indéniable des médias dans le processus de paix
  • Réconciliation entre différentes communautés en conflit et facilitation du retour des combattants dans la société
  • Rapprochement des populations dans un but de réflexion et d'échanges culturels, d'opinions, d'expériences et d'information, à travers des activités culturelles et artistiques
  • Organisation d'ateliers pour le renforcement de capacité et incitation aux organisations locales à travailler en interconnexion sur des projets communs tout en incluant audiences dans le système de prise de décision afin d'améliorer leurs actions sur le terrain.

I. CONTEXTE

ETAT DES LIEUX

Les affrontements entre les communautés Bantou et Tutsi qui avaient élu domicile au Sud Kivu pendant plus de six ans ainsi que d'autres hostilités latentes et ouvertes entre certaines familles, tribus, clans et groupes politico-militaires, qui plus est le problème de traumatisme lié aux affres des actes de violence ainsi que la méfiance et les suspicions qui demeurent, sont des questions importantes dans le contexte actuel au sein des territoires de Fizi-Itombwe et d'Uvira concernés par notre travail. La population est en attente de gestes concrets de la part du gouvernement de transition, des agences onusiennes ainsi que des ONG humanitaires.

Quelques signes avant-coureurs pointent à l'horizon concernant les interventions de ces composantes respectives. Nous pouvons notamment citer le passage " éclair " de certains délégués du gouvernement (administration publique et armée unifiée) en visite de service à Uvira. Et puis le samedi 22 novembre une équipe de la MONUC déjà en poste à Baraka-Fizi ( à environ 90 Km d'Uvira sur le littoral sud) a effectué pour la première fois une traversée du pont Mutambala jusqu'à Malinde (à 12 Km au sud de Baraka) à la rencontre des Maï-Maï avec la présence du Colonel Roger qui chapeaute leur équipe d'Uvira. Ensuite dans la semaine du 24 au 30, le CICR est allé au delà c'est-à-dire à Fizi-Centre (chef lieu du Territoire à une trentaine de kms au sud-ouest de Baraka) et probablement à Kikonde (à environ 45 kms au sud-est de Baraka) sur le tronçon vers Kazimia. La deuxième traversée de Mutambala par la MONUC a eu lieu jeudi 04 décembre 2003 en destination de Fizi et la mission a été accomplie. Le mardi 2 décembre 2003, ACF a effectué une mission d'évaluation à Some, Mizimu et Dine, respectivement sur le versant gauche, le bec et le versant ouest de la presqu'île d'Ubwari. Le vendredi 5 décembre 2003, Malinde a encore reçu la visite de ACF et IRC. Ces travaux d'évaluation ne se limitent pas seulement au territoire de Fizi car au départ d'Uvira, les mêmes initiatives voient le jour. C'est le cas des entités aux abords ou surplombant la plaine de la Ruzizi tel que Sange, situé à une trentaine de kms vers l'ouest de la route Uvira-Kamanyola (voir une déviation à gauche à partir de Bwegera), qui a séparément accueilli lundi 8 décembre 2003 deux équipes en visite d'évaluation, celle de la MONUC et ACF.

Toutes ces entités visitées étant tenues par les forces de l'obédience Maï-Maï, la présence des humanitaires et de la MONUC en ces lieux a été un geste porteur d'espoir concernant la liberté de circulation des personnes et biens ainsi que l'assistance aux populations jadis abandonnées à cause d'enclavement aussi bien physique que psychologique de ces populations dont les tenants des lieux (les combattants) ne pouvaient que réagir de maniàre agressive à l'égard de toute initiative prise au profit des entités où leur " communauté " n'avait pas accès. C'est ainsi que dans le passé nous avons vécu des réalités douloureuses dues à ce comportement : des véhicules embusqués, des humanitaires menacés à distance ou traqués, des paisibles passants (y compris des agents humanitaires) enlevés ou abattus, des commerçants extorqués ou complètement dépossédés, des villages mis à sac ou incendiés, des femmes et enfants violés etc.

L'autre issue inhérente à cette présence des humanitaires et onusiens dans ces entités est le renforcement de la volonté du changement positif en termes de " divorce progressif " en rapport avec les alliances entre les combattants locaux et les milices étrangères qui ont longtemps opéré sur le territoire congolais et plus particulièrement dans les provinces de l'Est. Ce facteur ne sert pas seulement de motivation à ces groupes armés étrangers pour leur acceptation de se faire rapatrier volontairement dans leurs pays d'origine, mais il permet le rapprochement (la complicité) entre anciens miliciens et villageois en quête d'assistance et de retour à une vie citoyenne digne. C'est donc une situation relativement rassurante à la fois pour la population qui essaie de vaquer à ses occupation quotidienne et pour les réfugiés congolais au besoin de rentrer sur leur terre natale.

AVENEMENT BUSTANI

Les nouvelles de " Bustani Ya Mabadiliko " ont été perçues comme un avènement par les associations membres de ForHum, qui n'ont pas manqué de nourrir leurs curiosités sur la manière dont l'intérêt et les préoccupations de ce nouveau réseau pourront s'adresser à elles aussi, en tant que groupes non-accompagnés qui ne peuvent à leur tour prétendre être des accompagnateurs des communautés de base. Elle préfèreraient signifier qu'elles ont été en train de cheminer avec lesdites communautés en souffrant avec ceux qui souffrent et pleurant avec ceux qui pleurent.

Quelque part, cette prédisposition n'est pas nécessairement une faiblesse mais constituerait également une force en ce sens que, de cette solidarité entre compagnons en souffrance, peut émerger un dynamisme et une détermination pour affronter les obstacles et trouver des solutions adaptées aux réalités d'un recoin à un autre. Cependant, une question pendante a été celle de savoir si ForHum ou ses associations membres répondent ou répondront en temps voulu aux critères souvent mis en exergue au sud sud par les partenaires susceptibles de soutenir ce genre d'initiative. Suivant diverses expériences évoquées, il s'est plusieurs fois exercé une forme d'injustice, voire une discrimination pure et simple à l'égard de certaines structures pourtant assises, avec des activités concrètes dans ces milieux, une injustice fondée sur des principes dits de " capacités ".

Par ailleurs, Bustani a été considéré comme une initiative probable d'être libératrice aux vues du cloisonnement culturel que connaissent les " penseurs " et chercheurs potentiels du sud, un milieu où l'écriture et la publication des vérités sont quasiment devenues un interdit. Ceci a été corroboré par l'exemple des recueils publiés par Pole Institute et remis aux participants de Bustani fin septembre 2003. Plusieurs personnes ont apprécié ces publications tout en estimant qu'elles contenaient des vérités pertinentes et que pareille aventure se solderait par des actes de répression si les auteurs travaillaient et habitaient à Uvira, par exemple. Est-ce vrai ? Le contexte lui même justifierait cette affirmation.

Les habitants du sud ont longtemps été en situation d'accès très limité à l'information de l'extérieur, c'est le même cas pour les services publics. Les gens n'ont pas non plus des cadres et facilités leur permettant d'exprimer leurs opinions librement à une large audience. Ils ne participent donc pas aux prises de décisions et ont par conséquent du mal à influencer la révision des dispositions prises pour leur propre sort. Par ce fait, le sud est longtemps resté à la merci des rumeurs qui ont fait que même les autorités publiques ne pouvaient avoir autant d'autres alternatives à régler les problèmes que par répression et intimidation. De l'autre côté, il n'y a pas seulement les vérités accablantes qu'on peut retrouver dans des réunions clandestines, des correspondances anonymes et des tracts, mais on y puise parfois des racontars, des messages suggestifs et des futilités.

Les habitants du sud sud ont longtemps été en situation d'accès très limitée à l'information de l'extérieur, c'est le même cas pour les services publics. Ils n'ont pas non plus des cadres et facilités leur permettant d'exprimer leurs opinions librement à une large audience. Ils ne participent donc pas aux prises de décisions et ont par conséquent du mal à influencer la révision des dispositions prises pour leur propre sort. Par ce fait, le sud sud est longtemps resté à la merci des rumeurs qui ont fait que même les autorités publiques ne pouvaient avoir autant d'autres alternatives à régler les problèmes que par répression et intimidation. De l'autre côté, il n'y a pas seulement les vérités accablantes qu'on peut retrouver dans des correspondances anonymes et des tracts, mais on y puise parfois des racontars, messages suggestifs et futilités.

Avec le cadre Bustani nous pourrons donc faire la rétrospection des faits d'hier, expérimenter les réalités dans ces faits par le biais des travaux de recherche-action-formation d'aujourd'hui. Ainsi, nous serions en mesure de nous frayer des brèches communicationnelles avec l'extérieur en vue d'y déceler des exemples et mécanismes susceptibles d'être adaptés à notre contexte. De là, nous arriverions ainsi à publier les réalités vécues localement en même temps comme des références éloquentes, tout en visant le lendemain meilleur auquel aspire les habitants des milieux où nous intervenons. Une tâche additionnelle serait alors de mener des activités d'anti-intimidation en même temps que nous évoluerons avec ce processus.


II. ACTIVITES PROPREMENT-DITES

EQUIPE DE TRAVAIL Nº 1

GESTION DU CONFLIT

1. Dénomination du Groupe de Recherche

Forum pour l'Humanité (ForHum - Network)

2. Identification de la situation-problème

Le conflit qui ronge notre société actuellement est de l'ordre " d'intégration sociale " qui oppose les autochtones et les émigrants. Le manque de cohabitation pacifique est vraisemblablement dû au fait que chaque partie ne veut pas se mettre à sa place et ne reconnaît pas parfaitement ses droits et ses devoirs, et plus son pouvoir. A cela s'ajoute le manque de compréhension mutuelle et de tolérance, mais aussi le non respect de la dignité humaine.

3. Formulation de l'Hypothèse

Le problème d'intégration sociale serait bien géré si les différents groupes (en belligérance aujourd'hui) étaient tous conscients de leurs origines, s'acceptaient mutuellement et respectaient les normes culturelles du milieu.

4. Formulation des objectifs

  • Informer le monde sur le bien-fondé du conflit, ses origines, ses déboires et son impact sur le contexte politique, économique et socio-culturel du milieu;
  • Proposer des pistes de solutions efficaces pour gérer ce conflit en rapport avec les autres conflits connus à travers le monde.

    Exemples : le problème des Klux Klan et Black Panther entre les blancs et les noirs dont les actions de Martin Luther King seraient subsidiaires aux Etats-Unis d'Amérique, les conflits religieux du 16ième Siècle, la colonisation de la Pologne par la Suède, Hitler et les Juifs, l'Apartheid en Afrique du Sud, le conflit entre les Français et les Anglais au 15ième Siècle…

  • Parvenir à changer la politique de la protection de la minorité au détriment de la majorité, responsable de l'aggravation de conflits (comme ailleurs en Afrique et au Moyen-Orient) ;
  • Donner le goût aux autres chercheurs du monde de travailler sur le sujet et d'en proposer d'autres solutions.

Elaboré par l'équipe 1: Issue de la composante Culturelle et Artistique de ForHum, hormis le délégué de l'Orientation Socio-Professionnelle (OSP) qui a travaillé sur l'Education Civique et Morale.

  1. Nguru Mundala, Artistes pour l'Humanité (ArtHum),
  2. Amissi Kinga Vincent, Coopération des Artistes pour le Développement d'Uvira (COOPADU)

EQUIPE DE TRAVAIL Nº 2

EDUCATION CIVIQUE ET MORALE

1. Dénomination du Groupe de Recherche

Forum pour l'Humanité (ForHum - Network)

2. Identification de la situation-problème

Le sous-développement et les conflits ainsi que les difficultés de s'en sortir sont aussi perceptibles à partir du manque d'éducation de base et de l'encadrement des jeunes. Par ce fait, il en découle deux problèmes : le manque d'information et la dégradation des mœurs due à l'aliénation culturelle.

3. Formulation de l'Hypothèse

Si la population était bien éduquée sur ses droits, ses devoirs et son pouvoir, elle éviterait de rester ou de retomber dans la pauvreté et les conflits. La bonne pratique de ces droits et devoirs ainsi que l'usage de son pouvoir garantiraient au citoyen un développement durable.

N.B.:Nous pensons qu'il serait mieux de cadrer la population " jeune " dont il est question dans nos travaux entre 10 et 40 ans.

4. Formulation des objectifs

Global

  • Apporter un changement mental au sein de notre société.

Spécifiques

  • Lutter contre l'ignorance des droits et devoirs civiques
  • Lutter contre la corruption;
  • Renforcer l'éducation sexuelle des jeunes;
  • Promouvoir les bonnes coutumes (tradition et moeurs) en luttant contre l'aliénation culturelle;
  • Cultiver l'esprit de tolérance chez les jeunes et les enfants;
  • Renforcer l'esprit de dialogue entre les jeunes;
  • Informer les jeunes sur les sources des problèmes et les initier (former) en vue de chercher des solutions.

Stratégies d'avant-garde (anticipées) : organisation de séminaires pour les jeunes et les enfants, création de Centres d'Encadrement et de Formation Intellectuelle des jeunes enfants.

Composition de l'équipe 2

  1. Patient Alesire Mulume'Oderwa (OSP)
  2. Vumilia Benga (APAENAS)
  3. Mulezi Godelive (APAENAS)
  4. Mameya Nandiyo (AGAPE)

EQUIPE DE TRAVAIL Nº 3

HYGIENE ET SANTE

1. Dénomination du Groupe de Recherche

Forum pour l'Humanité (ForHum - Network)

2. Identification de la situation-problème

Bien que l'hygiène et la santé soient des éléments indispensables pour la vie humaine, il est malheureusement constaté une absence d'infrastructures médicales adaptées aux besoins des populations en milieu semi-urbain et rural. Le manque d'équipes volontaires d'animation et d'éducation sanitaire maintient la population dans un état de manque d'information ou de désinformation. Ces derniers temps, il est remarqué assez de mortalités infantiles et maternelles à l'accouchement. Pour tout homme, être en bonne santé est une condition sine qua none pour faire un travail rentable, d'où un préalable pour tout accès à l'emploi qui s'est fait de plus en plus rare alors que les populations des milieux semi-urbains et ruraux de Fizi-Itombwe et Uvira ne sont pas généralement en bonne santé tant physique que mentale. L'opinion pense qu'à partir de la guerre qui est venue s'ajouter à la situation sanitaire précaire qui existait déjà, la situation sanitaire des habitants a connu une détérioration progressive en accroissant ainsi le taux de mortalité au sein de la population.

3. Formulation de l'Hypothèse

Il y a lieu d'améliorer la situation sanitaire des habitants des entités semi-urbains et ruraux des territoires de Fizi-Itombwe et Uvira, à condition que les affrontements cessent définitivement, et que la sécurité soit effectivement garantie pour permettre des interventions cliniques qui devront être renforcées par des activités d'animation et éducation sanitaires.

4. Formulation des objectifs

  • Organiser les centres de santé et les postes de secours en milieu semi-urbain et rural;
  • Former les animateurs et éducateurs sanitaires;
  • Apporter de l'assistance humanitaire en matière d'hygiène et santé;
  • Lutter contre les maladies sexuellement transmissibles et épidémiologiques;
  • Soutenir les ONG oeuvrant dans le domaine de santé;
  • Collaborer avec la zone de santé afin de permettre aux humanitaires de bien travailler sur terrain.

Composition de l'équipe 3

  1. Bahati Mawasi (AASU)
  2. Wilondja Ernest(AASU)
  3. Kahindo Ngela(DEKA)
  4. Muchekekwa Bin Bahelanya(PRALED)
  5. Dunia Mayele (PRODAP)
  6. Kanyoroka Bichachi (EEEMR)
  7. Maganyira Kabaga Cadet (ADESPA)
  8. Mbongo Tumaini Shem (ETD)

EQUIPE DE TRAVAIL Nº 4

RECHERCHE ET FORMATION

1. Dénomination du Groupe de Recherche

Forum pour l'Humanité (ForHum - Network)

2. Identification de la situation-problème

La partie de l'extrême sud de la Province du Sud Kivu traverse encore une situation d'insécurité liée à la guerre. Les conséquences de la guerre sont toujours évidentes avec la prolifération des armes légères, la permanence des milices incontrôlées et l'implication négative et incessante de la politique extérieure dans les affaires internes. Cette réalité vivante ne favorise pas la poursuite, et moins encore de nouvelles initiatives de la recherche et la formation sur cette partie du Kivu.

3. Formulation de l'Hypothèse

Améliorer les conditions de vie de la population, promouvoir les activités d'accroissement des revenus au profit des jeunes, en leur proposant la prise en compte de principes éducatifs de la morale (valeurs humaines), réduirait sensiblement la dynamique d'adhésion à des groupes prônant la violence comme moyen ultime de résolution de leurs problèmes, d'où un environnement serein pouvant faciliter les travaux de recherche et formation.

4. Formulation des objectifs

  • Améliorer les conditions de vie de la population par des mécanismes rénovateurs issus des travaux de recherche;
  • Initier et soutenir des micro-projets de formation;
  • Promouvoir la jeunesse en lui proposant la prise en compte des principes éducatifs de la morale.

Composition de l'équipe 4

  1. Alexis Mashaka (BESPGL)
  2. Ngalula Manasée (ArtHum)
  3. Lumbwe Kisubi (ArtHum)
  4. Joseph Kakbasele (ArtHum)

III. DIFFICULTES RENCONTREES

Attitude de réserve au cours de la restitution

Revenant à la question de " capacité ", évoquée au troisième paragraphe du point " avènement Bustani ", comme le critère qui serait retenu par les partenaires extérieurs, les structures non-accompagnées au sein de ForHum se sont senties considérées comme des jarres trouées qui ne peuvent conserver l'eau de la source jusqu'à la destination voulue. Faudrait-il que les jarres susceptibles d'être prises en compte soient d'une grande contenance quelle que soit leur qualité ? Ces questions métaphoriques sont restées en suspens et il a été sous-entendu que les organisations travaillant avec Bustani ne manqueraient pas d'y attacher un intérêt particulier, afin que les inquiétudes qui semblent s'instituer en destin dans l'esprit de bon nombre d'acteurs du sud sud puissent être atténuées. Ce serait peut-être aussi utiles de circonscrire ces questions aux prévisions de recherche et formation à venir, ont pensé quelques-uns des participants. Que feront-ils pour attirer également les accompagnateurs de leurs côtés en vue de répondre à leurs besoins et aux attentes de la population qui ne les observera pas éternellement en position de stationnement ou sans progrès significatif en rapport avec l'évolution du contexte ?

Problème de temps et de moyen

Le problème du temps imparti (le trimestre) n'a pas été du tout le vrai problème. C'était plutôt la procédure arrêtée qui tendait à le rendre élastique :

  • Remise en retard des documents de Bustani 1 au bureau d'ArtHum à Uvira avec l'idée de circuler l'information aux associations membres de ForHum, c'est-à-dire au début du mois d'octobre;
  • Difficulté d'atteindre les collaborateurs habitants le territoire de Fizi dans un bref délai;
  • Lancement des invitations le 07 novembre 2003
  • Tenue de la première réunion, la restitution en bonne et due forme, en date du 21 novembre 2003;
  • Journées de travail proprement dites en équipes thématiques, élaboration en atelier et présentation en plénière le 28 novembre 2003.

Certains de nos collaborateurs de Fizi qui étaient d'emblée très intéressés par l'initiative ne se sont pas présentés fautes de moyen de déplacement.

Aspect particulier du contexte de travail

Un aspect particulier mérite d'être épinglé dans le contexte actuel du travail au sud. C'est bien les enjeux en rapport avec un flou autour de la situation dans les plateaux, notamment un éventuel découpage territorial de Fizi-Itombwe, Uvira et Mwenga en chantier. Il y a aussi le problème du rebondissement surprenant sur la question de la nationalité des Banyamulenge, des informations ou rumeurs persistantes au sujet d'une certaine troisième guerre en préparation dont certaines ONG seraient impliquées (curieusement, même celles travaillant pour la paix) et la présence inattendue des sujets de nationalité somalienne appréhendés dans des hôtels et sur les voies vers les fiefs contrôlés par des " miliciens ". Nombreux de ces vagues de somaliens de passage à Uvira auraient déclaré qu'ils se rendaient à Moba qui aurait été leur lieu d'asile en tant que réfugiés au Congo, et leurs familles auraient été obligées de quitter Moba vers les pays de l'Est par l'avancée de la guerre. Curieusement, ces somaliens seraient presque sans bagage et en majorité âgés entre 18 à 24 ans dont ceux ne pouvant s'exprimer en Français, ni en Swahili.

Toutes ces questions sont susceptibles de coincer les acteurs de la société civile en torpeur et de maintenir la population en psychose.


IV. CONCLUSION

Nous pensons que Bustani se taillera du chemin dans le roc pour que ses initiatives ne soient pas estompées au regard de tous les facteurs tendant à maintenir au statu quo, intensifier ou aggraver la situation de crise dans la partie sud du Sud Kivu.

  • Fait à Uvira, le 9 décembre 2003
  • Pour la Facilitation
  • Dieudonné AMISI MUTAMBALA
  • Consultant en Prévention et Transformation du Conflit
  • Directeur d'ArtHum

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